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Les couleurs d'Arménie

L’Arménie en 50 mots-clés

Achough

Equivalent des ménestrels, des trouvères et autres troubadours du Moyen Age, les achough sont ces conteurs populaires allant de province en province pour y porter la bonne parole héritée des anciens, avec ou sans accompagnement musical. Ils étaient connus sous le nom de goussan, dérivé de Guissani, fils de la ” mère des Arméniens Mouranée “, avant que ne se généralise aux XVIIe et XVIIIe siècles l’appellation d’achough, venant de l’arabo-persan ashiq qui signifie littéralement ” amoureux ” ou ” passionné “. Porteurs d’une tradition orale qui puise dans le fonds mythique de l’Arménie, ils sont aussi les messagers de la paix et du dialogue. Sayat-Nova, qui vécut au XVIIIe siècle, est sans conteste le plus grand des achough arméniens : il parcourut sans relâche les provinces de Transcaucasie, chantant devant les princes, les beys et les émirs, ses ballades composées dans les différentes langues parlées dans la région ; l’arménien, le persan, le géorgien et le turc. Sa popularité dépassait les clivages nationaux et religieux. C’est à ce titre qu’il fut l’un des plus brillants avocats de l’amitié entre les peuples transcaucasiens, qui s’en partagent la mémoire, et est toujours honoré comme tel.

Alpinisme

Vivre dans un environnement de montagnes ne suscite pas forcément des vocations d’alpiniste. Ce paradoxe, propre à nombre de pays de montagnes, vaut également pour l’Arménie, où la folie des cimes est peu répandue, malgré toutes les opportunités du relief. Les montagnards sont les moins ” atteints ” : parcourant les montagnes dans les longues transhumances de leurs troupeaux, ils ne voient pas l’intérêt de les escalader, d’autant que trop peu d’alpinistes sont venus donner l’exemple. Ne vous attendez donc pas à trouver des ” sherpas ” arméniens au pied de montagnes encore en friche sur le plan de l’alpinisme. Il n’en a certes pas toujours été ainsi : les sommets arméniens ont attiré les alpinistes à l’époque soviétique, même si les monts du Caucase tout proche et la puissante chaîne du Pamir, en Asie centrale, leur menaient une rude concurrence. Cette activité, comme tant d’autres, s’est interrompue après l’effondrement de l’URSS. Seuls quelques passionnés, regroupés dans la Fédération alpine d’Arménie ont gardé cette foi qui déplace leurs montagnes, avec un matériel parfois obsolète. Pourtant, avec la reprise de l’activité touristique, l’alpinisme retrouve aujourd’hui droit de cité en Arménie. Moins éloignées que le toit du monde, plus pacifiques que les versants russe ou géorgien du Caucase, les montagnes d’Arménie ont de quoi séduire les alpinistes. Sans doute n’y ressentiront-ils pas le grand frisson que procurent les géants himalayens ou andins, mais avec de nombreux sommets de 3 500 à 4 000 m, dans un environnement préservé et authentique, les montagnes arméniennes offrent pas mal de ressources, du trekking sur les hauteurs enneigées de l’Arakadz à l’alpinisme dans les montagnes escarpées du Zanguezour, où les gorges du Vorotan se prêtent aussi à la varappe. Outre le Club alpin d’Arménie (www.uptherocks.com), créé en 2014 en partenariat avec d’autres clubs alpins, notamment en France, qui propose escalades et varappe dans des sites autorisés (les ” orgues basaltiques “, par exemple, sont protégés), certaines agences ont déjà pris le créneau, en proposant aux touristes des circuits guidés de haute randonnée avec ” gîte rural “, qui assortissent l’escalade des sommets d’une visite des hauts lieux de la spiritualité arménienne…

Anekdot

Comme l’indique son nom, pris au français via le russe, l’anekdot est une histoire drôle, volontiers iconoclaste envers les grands de ce monde. Les Arméniens en sont friands, et les habitants de certaines régions (Abaran, par exemple) font les frais de ces ” blagues belges ” locales, dont les plus grands spécialistes se trouveraient à Kamo/Gavar, qui a une solide réputation d’humour.

Animaux

L’animal a sa place dans la nature, où évoluent quelques espèces protégées comme l’ours ou le lynx, à la ferme, où l’on garde veaux, vaches, cochons, et surtout moutons, avec l’aide des chiens de berger, mais plus rarement en appartement. La compagnie des chiens (choun) et des chats (gadou) est recherchée plus volontiers dans les milieux aisés, plus perméables aux habitudes occidentales, et si l’animal dit domestique ne fait pas l’objet du mépris qui lui est témoigné bien souvent dans certains pays d’Orient, il ne déchaîne pas les passions. Ce n’est pas qu’on éprouve une franche hostilité à l’égard de la gent à quatre pattes, encore que l’invasion canine dans les rues d’Erevan ait pu parfois transformer l’indifférence en animosité : il y a quelques années, la prolifération des chiens errants dans la capitale avait provoqué un vrai problème urbain d’autant que certains s’étaient montrés agressifs avec les passants. La chasse aux chiens errants lancée par les autorités municipales a débarrassé les rues de la capitale, réhabilitant le chien comme un animal de compagnie de plus en plus apprécié, que son maître promène avec fierté le soir dans les parcs. L’élevage des colombes est assez répandu, même en ville, et témoigne de l’affection des Arméniens pour les oiseaux, dont la protection a mobilisé les amoureux de la faune, réunis en associations. Les amoureux des oiseaux ont aussi leur centre à Erevan, au musée zoologique du 7 de la rue Sevak & 28 15 02 – 26 71 03. Ajoutons pour conclure que l’importation d’animaux fait l’objet d’une réglementation très stricte.

Apparatchik

Une espèce en voie de disparition… Témoignant d’une remarquable capacité d’adaptation, les serviteurs de l’ancien régime avaient su se faire une place au soleil d’Arménie, même s’ils n’étaient plus les hommes du même ” appareil “. Si les lois implacables de la biologie ont clairsemé leurs rangs, certaines vieilles habitudes sont restées et une nouvelle génération d’apparatchiks a vu le jour.

Ararat (Massis)

” Le 7e mois, le 17e jour du mois, l’Arche se posa sur le mont Ararat “, dit la Genèse. Restait à situer la montagne biblique sur la carte… Quelques grands sommets du Proche Orient se disputent l’insigne honneur d’avoir accueilli Noé et sa suite animalière, mais la haute montagne située aux confins de l’Asie Mineure et du Caucase est le candidat le mieux placé pour revendiquer cette dimension mythique : s’élevant d’un seul tenant au-dessus de la plaine de l’Araxe, l’Ararat (5 160 m), flanqué de son petit frère haut de 3 900 m, avait de quoi impressionner le monde antique. Un autre indice, linguistique cette fois, tend à prouver que cette montagne est à la hauteur de son mythe : le nom biblique Ararat résonne en effet comme Ourartou, royaume bien réel qui prospéra à ses pieds, sur le territoire de l’Arménie, du XIe au VIIe siècle avant notre ère et dont il renvoie l’écho…

En attendant des preuves plus tangibles, pour les peuples de la région, l’Ararat a en tout cas toujours été considéré comme un site sacré, quel que soit son nom : Massis pour les Arméniens, Agri Dagh pour les Turcs ou les Perses. Montagne magique au même titre que le Fuji Yama pour les Japonais, l’Ararat constitue un élément essentiel du paysage géographique et symbolique arménien. La vénération est toujours aussi vivace aujourd’hui, quand le patriarche des monts d’Arménie daigne se montrer, enveloppant de sa silhouette bienveillante la capitale Erevan et le plateau environnant. Situé de l’autre côté de la frontière, en territoire turc, le Noble Massis rythme les travaux et les jours des Arméniens, bon ou mauvais présage, rose pâle à l’aube, étincelant le jour et empourpré au crépuscule, alimentant toujours la nostalgie de l’autre Arménie, perdue dans les brumes, au-delà de sa cime neigeuse. Représenté sous toutes les coutures, l’Ararat a inspiré nombre de poètes et écrivains, peintres et chanteurs, photographes et cinéastes, comme le réalisateur arméno-canadien Atom Egoyan, qui en fera le titre d’un film, présenté au festival de Cannes 2002.

Baignade

Privée de mer, l’Arménie en ressent cruellement le manque pendant les étés torrides qui désignent la moindre rivière ou étendue d’eau, du bassin au lac de barrage, comme des lieux de baignade. Les nombreux amateurs de baignade ont de quoi compenser : les piscines se sont multipliées à Erevan, qui dispose désormais aussi de son Aqualand, un parc aquatique qui remporte un succès considérable chez les enfants comme chez les adultes. A défaut de bains de mer, devenus peu compatibles avec leur budget, ceux qui parmi les Arméniens n’ont pas les moyens de se rendre sur les plages de la mer Noire (Géorgie et Abkhazie) peuvent se rabattre sur les ” bains de lac “, au Sevan surtout. Ce grand lac (litch) de montagne, que les Arméniens appellent volontiers ” mer ” (dzov), a toujours attiré les baigneurs d’Arménie et d’autres pays de l’ex-URSS : avec plus de 200 km de rives, un ensoleillement prolongé et une eau douce, le lac Sevan est une vaste enclave balnéaire dans un monde de montagnes. En dépit d’une intense fréquentation durant l’été, le site est resté sauvage ; trop peut-être car il gagnerait à être doté d’infrastructures touristiques plus développées, même si une douzaine de plages y sont été aménagées. Les amateurs de naturel y trouvent en tout cas leur compte. Piquer une tête dans le Sevan procurera une intense satisfaction aux passionnés de l’élément liquide à condition, bien sûr, de prendre quelques précautions : très capricieux, le lac Sevan est sujet à des marées et, quand le vent se met de la partie, les vagues peuvent être redoutables. Il ne faut pas non plus se laisser abuser par le soleil radieux qui vous bronzera en quelques minutes et vous donnera l’illusion d’être à la mer : la mer se situe très exactement 1 897 m plus bas et la température de l’eau s’en ressent, excédant rarement les 20 °C. Attention donc à l’hypothermie, résultant du contact brutal de la peau gorgée de soleil avec une eau moins chaude. Pas besoin pour autant de trop vous couvrir pour vous baigner : les Arméniennes sont certes plutôt pudiques, mais les tenues de plage les moins habillées – sans aller jusqu’au nudisme – ne sont pas considérées comme choquantes…

Bolcheviks

Les anciens maîtres du pays prirent le pouvoir à Erevan, le 29 novembre 1920, mettant un terme à la Ire République indépendante. Glorifiées par l’art et la littérature, des personnalités de la période de bolchévisation, comme Stepan Chahoumian, appartiennent désormais à une histoire que beaucoup préfèrent oublier. Ainsi, leurs noms ont tendance à disparaître des cartes et des plans des villes, où l’on rebaptise les rues et les places rappelant cette période de façon trop directe ou évidente. Mais le terme de bolcheviks est utilisé encore aujourd’hui pour désigner les communistes, et plus généralement un individu au caractère obtus ou fanatique. Pas vraiment un compliment… même si les Arméniens ne sont pas des anti-communistes viscéraux. L’Arménie passait d’ailleurs pour être une république plutôt loyale envers le système mis en place par Lénine, pourvu que son identité nationale ne fût pas menacée. Mais elle est un des rares pays de l’ex-URSS, et plus généralement du monde anciennement communiste, à ne pas avoir fait l’expérience d’un retour des communistes au pouvoir. L’émergence d’un fort mouvement national, en 1988, à la faveur des revendications pour le rattachement du Haut-Karabagh à l’Arménie, a sérieusement ébranlé les fondations locales de ce système, qui ne s’en remettra pas. D’autant que le régime communiste n’y avait pas produit de personnalités charismatiques, comme Haïdar Aliev en Azerbaïdjan ou Edouard Chevardnadze en Géorgie, capables de surfer sur la vague de nostalgie qui a déferlé sur le pays. La transition se fera sans chasse aux sorcières, l’administration nouvelle ayant même récupéré nombre d’anciens apparatchiks. A 65 ans, Karen Demirdjian, ancien patron du P.C. de l’Arménie soviétique reconverti en patron d’industrie, avait bien tenté un retour au pouvoir, dix ans après en avoir été chassé par le mouvement Karabagh ; mais il avait été battu par Robert Kotcharian aux présidentielles de mars 1998. Devenu président du Parlement après les législatives de mai 1999, Demirdjian devait figurer au nombre des victimes de la tuerie qui ensanglanta l’Assemblée nationale d’Erevan le 27 octobre de la même année.

Casino

Bingo, jackpot, black jack, poker… Les enseignes lumineuses frappées des symboles de la chance ont disparu des rues d’Erevan… pour investir ses faubourgs, depuis qu’une loi a été votée en 2003 proscrivant les jeux d’argent de la capitale. Après l’indépendance, les casinos avaient envahi le centre, au point de susciter l’inquiétude des ligues de vertu. La passion du jeu, malgré la crise, n’est pas retombée et les multiples salles de jeux aménagées de part et d’autre de la route conduisant à l’aéroport Zvartnots ou au lac Sevan sont loin d’être désertées. Et si les mises de départ sont assez basses, dans les machines à sous comme à la roulette ou au black jack, le jeu n’en est pas moins un vice ruineux, qui met en péril le citoyen lambda qui s’y adonne. L’ambiance n’évoque pourtant pas vraiment l’enfer du jeu tel qu’il a été décrit par Dostoïevski, par exemple. Les patrons de salles de jeu ne misent d’ailleurs pas trop sur la clientèle locale – essentiellement masculine – pour assurer leur avenir, mais plutôt sur les étrangers ; ces derniers, cependant, sont plutôt rares dans les casinos locaux, les plus joueurs d’entre eux ne souhaitant pas se ” compromettre ” dans des salles de jeux qu’ils se refusent à prendre au sérieux. Les patrons de casino caressent pourtant toujours très sérieusement le secret espoir qu’un jour Erevan puisse devenir le Las Vegas de la région, imaginant un avenir en néon et en strass pour la capitale arménienne, dont les casinos attireraient les pétrodollars des milliardaires moyen-orientaux, qui ne peuvent assouvir leur passion du jeu dans leurs pays…

Catholicos

Le chef spirituel des Arméniens, dont le siège est à Etchmiadzin, est l’héritier d’une longue lignée inaugurée au IVe siècle par Grégoire l’Illuminateur (Krikor Loussavoritch). A la tête d’une Eglise apostolique arménienne dite autocéphale (qui a sa propre tête), le catholicos a une dimension universelle (traduction littérale de ce mot grec), même si son empire spirituel se limite aux 6 à 7 millions d’Arméniens de par le monde. Le catholicos d’Etchmiadzin est désigné comme le ” catholicos de tous les Arméniens “, une précision qui marque sa prééminence sur un deuxième catholicos, héritier de l’institution religieuse créée à l’époque du royaume arménien de Cilicie. Au début du XXe siècle, les massacres et déportations des Arméniens de l’Empire ottoman ont contraint ce catholicossat, dit de la ” Grande Maison de Cilicie “, à quitter son siège de Sis (près d’Adana, en Turquie) pour s’installer à Antélias, au Liban (1930). L’Eglise arménienne a bien failli alors devenir bicéphale, le catholicossat de Sis ayant la préférence des Arméniens de la diaspora, qui se méfiaient de celui d’Etchmiadzin, sous tutelle soviétique. L’indépendance a mis fin à cette ” guerre ” larvée entre catholicos : en avril 1995, après la mort du catholicos Vasken Ier qui siégeait depuis plus de 30 ans à Etchmiadzin, c’est le catholicos de Cilicie qui a été élu à sa succession au titre de 131e ” catholicos de tous les Arméniens ” par un collège d’électeurs religieux réunis dans la Ville sainte arménienne. L’investiture de ce catholicos, Karékine Ier, sur le trône d’Etchmiadzin, est le symbole de la normalisation des relations avec le catholicos de Cilicie et, au-delà, de l’unité retrouvée de l’Eglise arménienne. L’archevêque Karékine Nercessian, le prélat du diocèse d’Ararat, a été élu, le 27 octobre 1999, 132e catholicos à la succession de Karékine Ier. Soucieux de poursuivre l’oeuvre de son prédécesseur aux côtés du catholicos de Cilicie, Aram II, siègeant à Antélias, Karékine II a présidé les cérémonies jubilaires de 2001 qui ont vu le pape Jean-Paul II fouler le sol de l’Arménie. En octobre 2006, Karékine II a effectué une visite pastorale en Turquie, où il a été accueilli par des manifestations d’hostilité et a même été visé par une procédure pour insulte à l’identité turque en raison de ses déclarations sur le génocide.

Centenaires

Le Caucase, son air vivifiant, ses sources pures, ses centenaires… La littérature russe a beaucoup fait pour la réputation des pays du Caucase comme haut lieu de la forme. La noblesse russe s’y rendait pour se refaire une santé et soigner sa tuberculose dans les nombreuses stations de cure, encouragée par le spectacle d’alertes centenaires caucasiens gambadant dans les montagnes. Cette imagerie d’Epinal a pris un coup de vieux, tandis que l’espérance de vie s’est raccourcie. Les fameux centenaires caucasiens, dont la variante arménienne habite généralement le Haut-Karabagh, ne sont certes pas tout à fait un mythe, même si leur date de naissance est difficile à vérifier (l’Arménie compterait quelque 10 000 centenaires, dont le doyen frôlerait les 120 ans…). Mais on constate une dégradation générale de l’état sanitaire, allant de pair avec une détérioration de la couverture sociale qui accentue les réticences traditionnelles à consulter le médecin. Certaines agences de voyages proposent néanmoins des séjours dans des centres de cure thermale, à Djermouk ou Arzni, ou dans des mines de sel près d’Erevan, où sont traités les problèmes cardio-vasculaires, digestifs ou d’hypertension. Fitness en Arménie… Pourquoi pas ! Qu’on ait recours au thermalisme ou que l’on respire tout simplement l’air des montagnes, un voyage en Arménie peut en tout cas prendre l’allure d’une remise en forme, restaurant une certaine tradition associant Caucase et santé !

Chasse

Elle se pratique dès le début de l’automne, essentiellement dans les forêts giboyeuses du nord et du sud, conformément à des réglementations et quotas très stricts. A chaque gibier correspond sa saison de chasse, mais les espèces les plus rares sont protégées. Si les forêts comptent des ours, il ne faut pas songer à les prendre pour cibles ; l’Arménie n’est pas la Sibérie, et le gros gibier se limite au sanglier ou au chevreuil. La chasse, pour le gibier à plume comme pour les autres, ne se pratique pour l’instant qu’à une échelle locale, mais les chasseurs étrangers, pourvu qu’ils présentent un permis en bonne et due forme, peuvent toutefois s’adonner à leur sport favori. Des agences de tourisme à Erevan commencent à proposer cette activité, sur laquelle l’Association des chasseurs et pêcheurs d’Arménie (Erevan-15, 2, avenue Machtots & 58 58 47 – wors@ web.am) ou le club de tir 10 sur 10 (Erevan-37, Davtachen, Eghvarti Chossé, 3e Uchtchélié, n° 1 & 36 10 10), dépendant du complexe de loisirs Valencia, vous donneront toutes les informations nécessaires.

Chômage

Inconnu à l’époque soviétique où le plein-emploi était garanti, souvent artificiellement, par le système, le chômage a frappé de plein fouet l’Arménie comme les autres pays ex-communistes, mais dans des proportions aggravées par le blocus. Si le chômage est le prix à payer pour la transition vers l’économie de marché, le pays paie le prix fort, les fermetures ou privatisations des usines et des entreprises d’Etat ayant privé d’emploi plus de la moitié des Arméniens, laissés sans couverture sociale appropriée à cette situation. Il est toutefois difficile de chiffrer avec précision le sous-emploi, nombre de salariés pratiquant une seconde activité dans le secteur informel. Ces activités parallèles, non déclarées le plus souvent, dans un secteur privé en expansion, sont une soupape de sécurité indispensable pour la plupart des Arméniens, qu’ils soient ou non officiellement chômeurs. L’émigration massive des Arméniens tend aussi à brouiller les statistiques du chômage.

Drogue

Avec l’Iran et la Turquie pour voisins, l’Arménie semble vulnérable aux drogues de toutes sortes. De tout temps, pavot et cannabis ont été cultivés et consommés dans cette région traversée par les grandes routes de la drogue. Pourtant, après avoir accueilli le paradis terrestre et fait l’expérience du paradis socialiste, l’Arménie ne semble guère tentée par d’autres paradis, artificiels ceux-là. En dépit des déclarations alarmistes de certaines organisations, l’Arménie ne connaît pas de réel problème de drogue ; et si par sa situation géographique, l’Arménie a vocation à devenir une plaque tournante des substances opiacées en provenance du Croissant d’Or, via l’Iran, vers la Russie et l’Occident, les faibles quantités saisies à ce jour montrent que l’enclavement du pays et la sévérité policière ont plutôt découragé les trafiquants dont l’audace se joue, il est vrai, des frontières. Les voisins azerbaïdjanais sont davantage impliqués dans ce trafic et contrôleraient, d’ailleurs, une partie du marché de la drogue dans la région. Les Arméniens auraient même hérité, dit-on, de quelques-uns de leurs champs de pavot, situés aux abords du Haut-Karabagh, dans des régions désormais sous leur contrôle. Ce qui permet à Bakou, avec un certain cynisme, d’accuser régulièrement le Haut-Karabagh et l’Arménie d’être des plaques tournantes du trafic international de drogue ! Mais ces quelques champs, s’ils existent, ne semblent pas avoir dopé le marché local de la drogue, limité à quelques consommateurs qui se contenteraient, dit-on, des productions de quelques champs de cannabis situés dans la région d’Armavir, au sud-ouest d’Erevan !

Duduk

Cette petite flûte est l’instrument emblématique de la musique traditionnelle arménienne. Elle assurait à l’origine l’accompagnement musical des bergers dans la solitude des hauts plateaux. Autant dire qu’un solo de duduk n’a pas vocation à faire danser les foules, comme d’autres instruments arméniens plus entraînants. Il en sort des mélodies graves, d’une poignante mélancolie, qui peuvent tirer des larmes du plus endurci des Arméniens. Le duduk consiste en un rameau d’abricotier percé de neuf trous, un bec en roseau. Le maître incontesté de cet instrument est Djivan Gasparian, qui présidait le grand festival dédié au duduk, rassemblant des interprètes et inconditionnels venus du monde entier à Gumri, en août 2001. Levon Minassian assure la relève et a contribué à la globalisation du duduk, en s’associant avec Peter Gabriel. L’instrument et les mélodies qu’il produit ont été les premiers emblèmes de l’Arménie à avoir été inscrits, en 2008, au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Église

Avec sa silhouette ramassée, sa coupole coiffée d’un toit conique si caractéristique, l’église fait intimement partie du paysage arménien. Conçue à la dimension de l’homme, l’église (yéguéghétsi) est la maison de Dieu mais aussi la résidence secondaire de chaque Arménien. Près de quatre mille églises, petites ou grandes, minuscules chapelles isolées, grandes basiliques ou vastes complexes monastiques ont été conservés. Très étroitement attachés à leur Eglise, les Arméniens sont fiers d’être les premiers à avoir adopté le christianisme, en 301. Apostolique, car héritée des apôtres Bartholomée et Thadée, autocéphale, car dirigée par un catholicos qui n’obéit à aucune autre autorité religieuse, l’Eglise arménienne est un important vecteur de l’identité nationale et fut même son refuge pendant des siècles de domination étrangère. La soviétisation de l’Arménie précipitera le déclin de l’Eglise, un processus que le retour de l’indépendance n’a, semble-t-il, pas complètement enrayé. Contrairement à d’autres pays communistes, l’Eglise nationale n’a pas joué en Arménie de rôle politique dans la remise en cause du régime soviétique. Déconsidérée par sa collaboration obligée avec le système, elle est engagée dans un processus de reconquête des esprits. Mais ses efforts de ” spiritualisation ” se heurtent bien souvent aux résistances d’une société arménienne généralement peu pratiquante. On se signe, certes, avec une dévotion plus ostentatoire devant les khatchkars et les édifices religieux, on sacrifie aux rites de l’Eglise, mais en dehors des baptêmes et mariages, on fréquente rarement les églises, qui semblent être tenues moins pour des lieux de culte que pour l’expression du génie national. Quelques riches mécènes, locaux ou de la diaspora, perpétuant une antique tradition, contribuent à cette renaissance religieuse, en érigeant de nouvelles églises ou en restaurant les anciennes. Et l’Eglise arménienne, sans être officielle, est associée, voire préside, à la plupart des grands événements qui ponctuent la vie de l’Etat, dont elle est pourtant séparée.

Fedahi

Emprunté à l’arabe fedahîn (littéralement : ” celui qui se sacrifie “), ce terme désigne le héros qui a décidé de faire le sacrifice de sa vie pour la nation. C’est au XIXe siècle que les Arméniens ont honoré leurs premiers fédahi, engagés dans la lutte de libération nationale contre les armées de l’Empire ottoman, principalement sous la bannière du Parti dachnak. Ces actes de résistance ont donné lieu à toute une imagerie populaire véhiculée par une abondante littérature, des chants, des poèmes, à la gloire de ces militants de l’ombre, qui se sont illustrés dans les montagnes du Sassoun, au sud du lac de Van (région de Turquie où les rebelles kurdes défient depuis 1984 les forces turques). Regroupés dans des unités à cheval très mobiles, sous la conduite de chefs de guerre comme Andranik ou Dro, les fédahi harcelaient les troupes régulières turques avec un courage qui leur valut le respect de leurs adversaires kurdes de l’époque. Revêtu de sa tcherkessa (tunique caucasienne bardée de cartouchières), coiffé d’un papakh (toque de laine de mouton) et chaussé de hautes bottes de cavalier, le fédahi, dévoué jusqu’à la mort mais volontiers rebelle et indiscipliné, incarne l’homme libre, au même titre que le haïduk des Balkans. Le conflit du Haut-Karabagh a tout naturellement réveillé des vocations de fédahi, rebaptisés “azadamardik” (combattants de la liberté). C’est ainsi que se sont fait appeler les combattants arméniens de l’Artsakh, auxquels le souvenir des épopées de Kevork Tchavouch ou Sérop Aghpur a donné le courage de se lancer sur le champ de bataille ; ceux qui y ont trouvé la mort ont rejoint le grand livre des ” martyrs ” (zoh) arméniens qu’il est possible de feuilleter en visitant le panthéon de Yérablour à Erevan, où reposent certains de ces héros nationaux dont les dépouilles ont été rapatriées pour y être inhumées au cours des dernières années.

Gavit (Jamatoun)

Dans l’architecture religieuse arménienne, le gavit, aussi appelé jamatoun, désigne ce bâtiment précédant la façade ouest d’une église, correspondant plus ou moins au narthex. Depuis le Xe siècle, la plupart des églises arméniennes sont flanquées de ce quadrilatère aux façades ouvragées, généralement coiffé d’une coupole, qui avait vocation à agrandir les lieux de culte arméniens, généralement de taille plutôt modeste. Au lieu de se rassembler sur le parvis des églises, les fidèles se pressaient dans ce narthex, qui fait aussi parfois office de mausolée.

Hurassiroutioun

Hospitalité : le touriste en fera nécessairement l’expérience, quel que soit le niveau d’intimité qu’il partage avec ses hôtes et même si le barrage de la langue rend le contact difficile. Dans les campagnes, l’habitude ancestrale s’est maintenue de garder un couvert à sa table pour l’éventuel étranger de passage. Tradition élevée au rang d’art national, l’hospitalité fait obligation à tout Arménien de savoir recevoir ses invités et de leur faire l’honneur de sa maison et de sa table. Il y va de l’honneur national quand le visiteur vient d’un pays étranger, qu’il soit ou non d’origine arménienne. On se mettra en quatre pour le satisfaire, par une table bien dressée, une bouteille débouchée ou un menu souvenir ; si d’aventure, il passe à côté d’un groupe de joyeux convives, il est spontanément invité à s’y joindre, avec une insistance telle que le refus serait perçu comme une insulte. Pour le touriste, qu’il appelle d’ailleurs ” invité ” (hür), l’Arménien ouvrira grand les portes de son pays comme celles de sa maison : il veut lui faire partager l’amour de sa terre, la lui faire découvrir et surtout ne pas décevoir celui qui a parcouru tant de chemin pour arriver jusque chez lui. S’improvisant agent de publicité de son pays, il n’attend rien en retour de ses gestes de convivialité absolument gratuits, mais qui pèsent souvent sur un budget considérablement réduit ces dernières années. Particulièrement visible dans les régions rurales, cette sollicitude, parfois excessive, n’est somme toute pas absolument désintéressée, direz-vous, puisqu’elle tend à flatter l’ego national, en cherchant à renvoyer à l’étranger l’image la plus positive possible de son pays, de son peuple – et finalement de soi-même ? Peut-être, mais reconnaissons que tout le monde y trouve son compte et que l’accueil y gagne en chaleur humaine et en générosité.

Khatchkar
Khatchkar à Noratous.

Khatchkar à Noratous.

Littéralement ” pierre-croix “, le khatchkar est l’un des symboles les plus expressifs de l’identité arménienne. Des milliers de ces stèles de pierre rectangulaires, ornées de croix ouvragées et souvent de bas-reliefs, parsèment la campagne arménienne. Les khatchkars ont été inscrits en 2010 au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco.

Khorovadz

C’est la version arménienne des chachlik géorgiens ou chiche-kebab turcs, l’auxiliaire obligé des grandes réjouissances ; on ne conçoit pas un bon repas sans ces longues brochettes de boeuf, de mouton ou de porc, accompagnées d’herbes de toutes sortes et de pain lavache. Elles sont proposées aux amateurs de pique-nique le long des grandes routes d’Arménie, mais on préfère généralement les préparer soi-même quand on passe une journée à la campagne. En ville aussi, on sacrifie au culte des khorovadz, qui ont donné leur surnom à la rue Prochian d’Erevan, en raison de l’importante concentration des guinguettes ou simples barbecues proposant des brochettes.

Langue

Objet de l’orgueil national, la langue arménienne est l’un des principaux repères de l’identité du peuple arménien. Fixée par l’écriture depuis le Ve siècle par Mesrob Machtots, inventeur de l’alphabet et canonisé pour cela par l’Eglise arménienne, la langue nationale et la riche littérature qu’elle a produite sont considérées comme de véritables trésors, pieusement conservés durant les siècles. Pendant la période soviétique, elle a résisté aux tentatives de russification, même si elle a dû céder du terrain par rapport au russe, langue de communication utilisée à l’échelle de l’URSS, mais aussi de plus en plus dans les milieux intellectuels. L’orthographe a certes été ” simplifiée ” mais n’a pas cédé aux tentatives de cyrillisation et les efforts du régime en vue de faire du russe la langue officielle, dans les années 1970, ont suscité, comme en Géorgie, un vent de sédition qui a obligé les autorités soviétiques à faire machine arrière. Depuis l’indépendance, l’arménien est devenu l’unique langue officielle mais le russe tient encore une place importante, en raison des liens privilégiés unissant Erevan à Moscou. A côté, l’enseignement des autres langues étrangères se développe, l’anglais surtout, même si l’Arménie souhaite adhérer au club des pays francophones (Erevan est d’ailleurs membre de l’Association internationale des villes francophones). Héritage de décennies de système soviétique, l’usage des langues étrangères reste néanmoins encore peu répandu, ce qui ne rend pas le contact facile avec la population. Il faut savoir que différents organismes et agences de voyages proposent les services de guides et/ou interprètes parfaitement bilingues qui vous aideront à surmonter le handicap de la langue.

Lavache

C’est le pain traditionnel arménien, utilisé dans le pays depuis des temps ancestraux, préparé suivant une pratique antique toujours en vigueur dont l’accessoire indispensable est le four traditionnel, ou tonir (on retrouve la même racine indo-européenne dans le tandoori indien). Creusé à même le sol au coeur même de la pièce principale ou dans la cour des habitations rurales, le tonir fait aussi office de foyer ; souvent, les communes rurales disposent d’un seul tonir, qui est utilisé pour cuire le pain communal. C’est sur les parois de ce four rustique que cuisent ces grandes crêpes de farine de blé, fines comme des feuilles, qu’on appelle lavache. Si les Arméniens mangent volontiers aujourd’hui du pain noir ou blanc, plus proche du nôtre, le lavache reste le pain arménien par excellence. Il est automatiquement servi à table, coupé en carrés dans la corbeille ou garnissant l’assiette dans laquelle on vous apporte les khorovadz et autres grillades. Très fin et souple, il peut aussi servir pour des sandwichs d’une simplicité biblique, avec du fromage blanc et des herbes. Le lavache est le dernier des quatre marqueurs de l’identité culturelle arménienne à avoir intégré la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco en 2014.

Madagh

Héritée du paganisme et rappelant le sacrifice d’Abraham, cette tradition sacrificielle s’est imposée dans le rituel religieux arménien. Ainsi, même le moins religieux des Arméniens sacrifiera à la tradition du madagh lorsqu’il s’agit de célébrer un événement important, comme le départ d’un fils à l’armée, ou de conjurer le mauvais sort. Egorgé selon un rituel immuable, en général aux abords d’un lieu saint, le coq – ou l’agneau – passe ensuite à la casserole, ou plutôt à la broche, les convives distribuant ensuite à la communauté en sept parts les meilleurs morceaux de l’animal sacrifié. Profondément ancré dans la tradition, ce cérémonial, qui paraîtra cruel aux non-initiés, est souvent l’occasion de faire la fête.

Mafia

Comme dans tous les pays de l’ex-URSS, la mafia sert à désigner ce mal absolu, aux contours flous, qui ronge la société, profitant des bouleversements occasionnés par la chute du communisme. La loi du silence n’est en tout cas pas observée : la question de la mafia est évoquée dans toutes les discussions de l’homme de la rue, qui ne saura pas expliquer vraiment quelle réalité elle recouvre, mais qui la traque derrière les vitres en verre fumé des grosses cylindrées qui sillonnent les rues d’Erevan. Il suffit parfois qu’on se soit enrichi un peu trop vite pour que, aussitôt, on mette en cause les tentacules occultes de la pieuvre mafieuse ; quant aux hommes de pouvoir, rares sont ceux qui échappent aux soupçons de collusion avec la mafia, qui était déjà soupçonnée d’avoir partie liée avec le P.C. à l’époque soviétique. Pourtant, par-delà ces abus de vocabulaire, la mafia ne relève pas du pur fantasme ; elle existe dans les trafics en tous genres qui ont alimenté un marché parallèle d’autant plus lucratif que la crise, les pénuries et les blocus généralisaient le recours à la débrouille. Les zones d’ombre dans la législation ont également créé un terrain propice à l’émergence de ces phénomènes et aux enrichissements faciles, tandis que dans l’exercice de leur pouvoir, certains responsables politiques succombaient à la tentation de l’argent. La lutte contre la corruption est devenue l’un des principaux mots d’ordre du pouvoir.

Mazdéisme

C’est la religion dualiste des anciens Perses, du nom d’Ahura Mazda, divinité symbolisant le principe bon, en lutte perpétuelle contre Ahriman, le principe mauvais, jusqu’au triomphe final du bien. Elle est aussi appelée zoroastrisme, du nom de son ” prophète ” Zoroastre ou Zarathustra, qui la propagea en Perse à partir du lac d’Ourmiah, ou Rezahyé, au sud-est de l’Arménie historique (Azerbaïdjan iranien), et dont les enseignements sont consignés dans l’Avesta. Avec la domination perse, le mazdéisme s’est répandu aussi en Arménie, où il s’est superposé aux anciennes pratiques du paganisme, jusqu’à ce que le christianisme en chasse les mages mazdéens et détruise leurs temples. Dans son Histoire de l’Arménie, Moïse de Khorène ne cache pas sa répulsion pour les rites ” barbares ” du mazdéisme, considérés comme le sommet de l’immoralité. Malgré leur victoire sur les Arméniens à la bataille d’Avaraïr en 451, les Perses ne parviendront pas à leur imposer le mazdéisme. Eux-mêmes abandonneront le culte d’Ahura Mazda au profit de l’islam deux siècles plus tard.

Medz Yeghern

Littéralement “grande catastrophe”, c’est la formule elliptique – et pudique- utilisée en Arménie pour désigner le génocide dont furent victimes les Arméniens de l’Empire ottoman au début du XXe siècle. Les Grecs eux aussi, désignent sous l’appellation de catastrophe, les massacres qui ont provoqué l’exode des populations grecques de Smyrne, Trabzon et d’autres villes de Turquie au début des années 1920. Le mot génocide, qui a sa traduction en arménien tseghaspanoutioun, est pourtant utilisé par le droit international, depuis le procès de Nuremberg, pour qualifier ce type de crimes contre l’humanité. Et l’Arménie milite activement pour que la communauté internationale et au premier chef la Turquie, accorde cette qualification aux massacres et déportations dont furent victimes un million et demi d’Arméniens sujets ottomans de 1915 à 1918. Un combat difficile, qui se heurte aux puissants intérêts de la Turquie. Pour preuve, le président américain Barack Obama, qui s’était pourtant engagé durant sa campagne électorale à reconnaître le génocide arménien, utilise la formulation de “medz yeghern” dans le message qu’il adresse aux Arméniens, chaque 24 avril, pour marquer l’anniversaire de ce génocide. Un léger mieux, si l’on considère que ses prédécesseurs évoquaient plutôt, dans le même exercice, les “massacres”, la “tragédie” ou le “drame” subis par les Arméniens, mais un subterfuge linguistique pour ne pas avoir à prononcer le mot qui fâche… la Turquie ! Le président américain Obama, attendu pourtant au tournant des commémorations du centenaire du génocide, le 24 avril 2015, marquées avec solennité à Erevan et dans le monde entier, n’a pas cédé et n’a pas utilisé le mot génocide pour qualifier le medz yeghern.

Mélik

Héritage du système féodal arménien, ce titre désignait un ” chef de clan ” dont l’importance variait selon les régions, là où avait pu se maintenir une certaine souveraineté arménienne. Les méliks les plus prestigieux furent ceux du Haut-Karabagh qui, au début du XVIIIe siècle, purent tenir tête aux Perses et préserver l’autonomie dans les territoires sous leur autorité. Ils en profitèrent pour attirer les armées du tsar dans la région, mais il était encore trop tôt.

Monophysisme

Cette doctrine religieuse, qui ne reconnaît au Christ qu’une seule nature, divine, à laquelle s’adjoint la corporalité, a valu à l’Eglise apostolique arménienne, qui était supposée s’y rattacher, des soupçons tenaces d’hérésie. La doctrine professée par Eutychès avait été rejetée en 451 par l’Eglise chrétienne réunie en concile à Chalcédoine. Les Arméniens, occupés à combattre les Perses mazdéens, contre lesquels ils avaient demandé en vain l’aide de Byzance, n’y étaient pas représentés. Ils n’en rejetteront pas moins les dispositions du concile de Chalcédoine, selon lesquelles le Christ ” se fait connaître en deux natures, sans mélange, unies dans une seule personne ” (diophysisme), soupçonnées par les théologiens arméniens d’avoir été influencées par l’hérésie nestorienne, qui reconnaissait quant à elle deux natures distinctes et différenciées au Christ, sans pour autant affirmer leur adhésion aux thèses monophysites d’Eutychès. Un malentendu de part et d’autre donc. Jusqu’au début du XXe siècle, les autres Eglises chrétiennes considéreront les Arméniens comme des monophysites hérétiques, alors même que les Arméniens, qui s’en tenaient aux dispositions unanimement admises du concile d’Ephèse en 431 selon lesquelles le Christ est un, avaient eux aussi anathématisé le monophysisme extrême d’Eutychès. Il faut dire que ce malentendu théologique a eu d’importantes conséquences politiques puisqu’il a permis à l’Eglise, et peut-être par là même à la nation arménienne, de préserver son identité contre les tentatives d’assimilation. Les malentendus ont été dissipés depuis, et avec eux les soupçons d’hérésie, comme en témoigna la rencontre du pape Jean-Paul II et du catholicos Karékine Ier au Vatican en décembre 1996. Cette ” réconciliation historique “, scellée par une formulation de compromis qui soulignait la communauté de dogme entre les deux Eglises concernant la nature du Christ, sera confirmée lors du catholicos Karekine II à Rome en novembre 2000. Mais l’Eglise arménienne reste attachée à son indépendance.

Namous

Le sens de l’honneur, correspondant à un code d’éthique très strict, à l’orientale. Namous est aussi le titre d’un classique du cinéma arménien des années 1930. Peuple opprimé, souffrant comme tant d’autres petits peuples de la méconnaissance des autres, les Arméniens sont soucieux de leur image, qu’ils veulent tellement soigner qu’elle souffrirait presque d’être trop policée. Chevillé au corps, l’orgueil national interdit, du moins dans le discours, de céder à des travers parfois tout simplement humains. Il se traduit par une tendance plutôt immodeste à se complaire dans l’adulation de sa patrie comme de soi-même et qui confine parfois à la vantardise !

Nard

Le délassement préféré des Arméniens. Rien ne vaut une partie de nard (backgammon, le trictrac ou jacket médiéval), connu aussi sous son nom turc de tavlou, en sirotant un verre d’oghi… Les cafés tiennent d’ailleurs ces jeux à la disposition de leur clientèle, masculine cela va sans dire.

Nerkaght

Littéralement, l’ ” immigration ” dans le sens du retour à la mère patrie. Les Arméniens ont toujours connu d’importants flux migratoires. Symbole de ces grandes migrations évoquées dans les poèmes et chansons, la grue (groung) est l’oiseau mythique des Arméniens, qui quittent leur pays natal sans perdre l’espoir d’y revenir. Ironie de l’histoire, c’est au plus fort des purges staliniennes que l’Arménie, alors soviétique, a connu la vague de nerkaght la plus massive : en 1946-1947, entre 100 000 et 200 000 Arméniens de la diaspora ont convergé de différents pays du monde, dont la France, vers ce petit bout de ” paradis socialiste “. Ces Arméniens diasporiques seront d’autant plus sensibles à la propagande soviétique qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle fait vibrer la corde sensible du nationalisme, Staline réclamant à la Turquie les régions arméniennes de Kars et d’Ardahan. Ces nouveaux immigrants, qui n’ont généralement rien de militants communistes, déchanteront vite et comprendront trop tard qu’ils ont été les jouets du prosélytisme de l’URSS. Alors que la guerre froide vient de commencer, les Arméniens immigrés se retrouvent eux aussi prisonniers derrière le rideau de fer : perçus comme des agents du capitalisme par les fonctionnaires du régime qui les traitent comme des citoyens de seconde zone, ils sont accueillis avec froideur par la population locale, qui ne se sent guère d’affinités avec ceux qu’elle appelle avec une ironie condescendante akhpar (” frère “). La désillusion est cruelle et l’intégration quasiment impossible, plus encore pour les 10 000 Arméniens de France qui implorent Christian Pineau, ministre français des Affaires étrangères de l’époque, de les laisser repartir quand il visite Erevan en mai 1956 ; cette date marque le début du processus de retour de ces rapatriés. Le choc sera moins brutal pour les autres, originaires des pays arabes ou d’Iran, d’où les Arméniens continueront d’ailleurs à émigrer vers l’Arménie. Paradoxalement, l’accession à l’indépendance en 1991 n’a pas provoqué une immigration vers l’Arménie ; bien au contraire, la tendance est à l’émigration, en raison des difficultés économiques qui ont poussé près d’un million d’Arméniens à prendre le chemin de l’exil, principalement en Russie, mais aussi vers les Etats-Unis, tandis que l’Arménie accueillait de 300 000 réfugiés arméniens chassés d’Azerbaïdjan. Un déficit démographique que ne compense pas vraiment l’immigration de quelques centaines de familles de la diaspora, qui ont répondu au mot d’ordre tébi yérguir (vers le pays) claironné par certaines organisations après l’indépendance. Près de vingt ans après, les Arméniens de la diaspora ont enfin obtenu d’Erevan le droit d’accéder à la citoyenneté arménienne, mais cela n’a pas vraiment dopé le flux migratoire vers l’Arménie. En 2012, les troubles en Syrie provoquaient l’afflux en Arménie de plusieurs centaines, voire milliers d’Arméniens d’Alep ou de Damas. Implantée depuis des siècles en Syrie, qui fut en outre une terre d’accueil lors du génocide de 1915, la communauté arménienne s’y était maintenue malgré les crises du Moyen-Orient, et y bénéficiait d’une certaine liberté. Craignant pour leurs droits religieux et culturels, de nombreux Arméniens de Syrie ont choisi l’émigration, au Liban et en Arménie.

Pêche

On pêche en Arménie… Pour le croire, il faut avoir goûté à la légendaire truite ichkhan (prince) du lac Sevan, d’autant plus mythique qu’elle est très protégée. Une pêche artisanale donc, très réglementée qui ne se pratique pas comme un sport. Pour le touriste, le poisson s’achète et se mange plutôt qu’il ne se pêche. Sur la route du Sevan, ne vous étonnez pas quand on hèle votre voiture, les 2 bras pointés vers vous : il ne s’agit pas de la gestuelle locale de l’auto-stoppeur ni d’une menace d’enlèvement, mais d’une invitation à acheter du poisson tout frais pêché. Hors saison de pêche, pas question d’acheter au bord de la route le prince des poissons, ni même le corégone (siga), membre vulgaire de la famille des salmonidés locaux, nettement moins précieux. Les contrebandiers de la pêche doivent user de ruse et, éventuellement, de pots-de-vin pour échapper à la vigilance des policiers, qui arrêtent régulièrement les voitures à la recherche de poissons de contrebande, à défaut de plus gros poissons…

Prostitution

Le commerce du sexe n’a pas pignon sur rue à Erevan, et moins encore ailleurs en Arménie ; ni sex-shop (à l’exception d’une discrète enseigne toute fraîche près de la Cascade à Erevan) ni lieux de prostitution, affichés du moins, les seules concessions au corps dans son plus simple appareil étant de moins en moins rares en boîtes de nuit (night-clubs) dédiées au strip-tease. Comme à l’époque soviétique, la prostitution se pratique aux abords des hôtels fréquentés par les Occidentaux, pour le plus haut de gamme, par les routiers iraniens et autres ” Orientaux ” pour les autres. Elle reste de toute manière discrète même si, dans les hôtels, les fameuses et redoutables déjournaïa, ces concierges d’étages héritées de l’époque soviétique jouant tour à tour le rôle d’entremetteuses ou de délatrices, ne sont plus là pour veiller à la bonne tenue de l’établissement. Proscrite par la morale plus encore que par la législation sur le territoire de l’Arménie, la prostitution, qui était autrefois réservée aux femmes russes, semble d’ailleurs avoir privilégié le commerce extérieur de la chair. Crise oblige, les jeunes filles exporteraient leurs charmes dans d’autres pays, y compris dans la très islamique République d’Iran, et parfois même en Turquie, où la ville toute proche de Trabzon, sur la mer Noire, est devenue pendant un temps le bordel de l’ex-URSS. Les Arméniens évoquent ce sujet avec une gêne profonde, même si ce sont quelques parrains locaux qui s’occupent de monnayer les charmes de leurs compatriotes.

Rabiz

Il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre… Genre musical très populaire qui met les mélodies orientales à la sauce électrique, le rabiz, pour Rabotchnoy Izkustvo (” art prolétarien ” en russe), divise profondément la société arménienne. Les anti-rabiz sont même descendus dans la rue à Erevan, en août 1998, pour appeler les pouvoirs publics à défendre les vraies valeurs musicales arméniennes et à faire preuve de vigilance face à ce raz-de-marée orientalisant qui déferle sur les ondes, dans les postes de radio et à la télévision, insultant les mânes de Sayat Nova et de Komitas. Mais le rabiz a toujours de nombreux fans, inconditionnels d’une musique résolument orientale dont ils ne pensent pas avoir à rougir et sur laquelle ils dansent dans les salles des restaurants ou lors de leurs virées à la campagne. Toujours est-il qu’avec ses mélodies sirupeuses, amplifiées par la guitare électrique et les trémolos arabisants de ses stars, comme le chanteur Tata, sans doute le plus célèbre d’entre tous, le rabiz n’adoucit pas vraiment les moeurs et continue à exercer un certain monopole sur les ondes, éclipsant les créations musicales arméniennes dans le domaine du jazz et de la musique électronique.

Sectes

Prospérant sur le terrain perdu par l’Eglise d’Etchmiadzine et ce déjà durant la période soviétique, les sectes sont devenues l’ennemi numéro un de l’Eglise arménienne. Emboîtant le pas à son prédécesseur Vasken Ier, le catholicos Karékine a lancé une véritable guerre contre ces sectes qui recrutent sans trop de difficultés parmi une population en quête d’une spiritualité différente. Témoins de Jéhovah, adventistes et aussi adeptes de Krishna se disent persécutés par les autorités, militaires surtout, qui ont emprisonné certains d’entre eux pour refus de servir sous les drapeaux. Signalons que les sectes ne sont pas un phénomène nouveau en Arménie où a vu le jour, au VIIIe siècle, la secte des Pauliciens, que l’on retrouvera un peu plus tard en Bulgarie sous le nom de Bogomiles, puis, au XIIe siècle, en France, avec l’hérésie cathare.

Spurk

Traduire par diaspora ou dispersion, phénomène concernant l’autre moitié de l’identité arménienne, vivant hors du territoire ancestral depuis les massacres et les déportations qui ont vidé de sa population arménienne l’Arménie occidentale, dans les années 1915 à 1922. Plus de la moitié des 7 millions d’Arméniens vivent hors des frontières de la République d’Arménie, répartis entre une diaspora ” intérieure ” de l’ex-URSS (plus de 2 millions au Caucase, en Ukraine, en Russie et en Asie centrale) et une diaspora ” extérieure “, éparpillée sur les cinq continents (Etats-Unis/Canada : 1 million, Union européenne : 500 000 dont 350 000 en France, Proche-Orient : 400 000 à 500 000), cette dernière étant plus directement issue du génocide de 1915. Les plus fortes concentrations aux abords du pays se trouvent en Géorgie (500 000), dont une bonne partie au sud de ce pays, à Akhalkalak et dans la région environnante du Djavakhk, limitrophe de l’Arménie, où les Arméniens sont très largement majoritaires ; les 500 000 Arméniens qui habitaient Bakou et d’autres régions de l’Azerbaïdjan ont dû fuir à partir des pogromes de 1988 vers l’Arménie et la Russie, où les ont rejoints par dizaines de milliers les émigrants arméniens chassés par la crise. La diaspora extérieure est restée très attachée à sa mère patrie, dont elle entend contribuer à la reconstruction et au développement. Certains Arméniens originaires de la diaspora sont même impliqués dans la vie politique du pays, comme l’ancien ministre des Affaires étrangères, Vartan Oskanian, un Arméno-Américain de Syrie et, avant lui, Raffi Hovannessian, un autre Arméno-Américain, qui dirige le parti d’opposition Héritage (Jarankoutioun).

Ces retrouvailles, accentuées depuis l’indépendance, ne vont pas sans heurts et sans une méfiance réciproque qui reposent souvent sur l’incompréhension et la méconnaissance de cet autre qui est aussi le même. Un rapprochement sur des bases plus pragmatiques s’est esquissé à la faveur du premier forum Arménie-diaspora qui réunissait à Erevan en septembre 1998 les représentants des communautés arméniennes dans le monde et des autorités arméniennes. Un engagement a alors été pris afin de coopérer plus efficacement sur différents projets dans les domaines économique, culturel et social, en faveur du développement de l’Arménie mais aussi de la préservation et de la consolidation des institutions diasporiques, dans le cadre de ces forums. L’adoption d’une loi sur la double nationalité par le Parlement arménien, en 2007, a été perçue comme un autre geste des autorités arméniennes vers la diaspora ; de même que la création d’un ministère en charge des liens avec la diaspora. L’hommage national rendu à l’un des plus grands bienfaiteurs du pays issu de la diaspora, l’homme d’affaires américain d’origine arménienne, Kirk Kirkorian, décédé en juin 2015, était un témoignage de reconnaissance de la part des plus hautes autorités du pays.

Tambour

Elément essentiel de la symphonie de pierre arménienne, en architecture, le tambour désigne ce volume cylindrique ou polygonal sur lequel se dresse la coupole au toit pointu, caractéristique des églises arméniennes. Le tambour est percé de fenêtres étroites et souvent orné d’arcatures aveugles.

Tuf

La pierre arménienne par excellence. D’origine volcanique, le tuf rouge, noir, rose ou orange recouvre la plupart des églises et des monuments arméniens, auxquels il contribue à donner cet aspect si caractéristique. C’est au tuf aussi qu’Erevan doit son surnom de ville rose. La taille en est aisée, la solidité à toute épreuve et le territoire arménien en regorge, surtout à Artik, près de Gumri, où se situent les plus grandes carrières. L’Arménie exporte aussi ce matériau de construction très apprécié, notamment en Russie.

Vank

Le centre de la vie monacale arménienne, autrement dit le monastère. Si la présence de moines est attestée en Arménie depuis les temps les plus reculés du christianisme, les grands complexes monastiques ne sont apparus que tardivement. La période faste des vank se situe aux XIIe et XIIIe siècles, sous le règne des Zakarian. C’est à cette époque qu’ont été construits les plus grands complexes monastiques, comme les superbes monastères de Haghbat et Sanahine, au nord de l’Arménie, qui deviendront les foyers d’une intense vie intellectuelle.

Vardapet

C’est un moine qui a reçu une instruction théologique et générale (littérature, sciences et arts) dans les écoles et universités, sanctionnée par un examen et couronnée par l’équivalent d’un doctorat. Certaines de ces écoles étaient de grands foyers d’érudition durant le Moyen Age arménien, comme Haghbat, Gladzor ou Tatev…

Vétéran

A chaque guerre ses ” vétérans “. Les rangs de ceux de la Grande Guerre patriotique (Seconde Guerre mondiale), qui sont réunis dans des clubs, tendent à se clairsemer. S’y sont ajoutés les vétérans de la guerre d’Afghanistan dans les années 1980 ; enfin, à partir de 1988, est apparue une nouvelle génération de vétérans, qui se sont illustrés dans la ” guerre de libération du Haut-Karabagh “. Un lobby puissant, puisque nombre d’entre eux ont rejoint les rangs du mouvement Yergrabah (Protecteur de la Patrie), une association initialement à vocation ” humanitaire ” qui s’est transformée en un parti politique.

Vichap

Animal fabuleux de la mythologie arménienne, dragon ou serpent. Le dieu Vahagn, après avoir terrassé le dragon, avait rétabli l’ordre universel perturbé par ces créatures monstrueuses. Désormais pétrifié, le vichap habite encore certaines montagnes arméniennes, où l’on pourra rencontrer ces sculptures archaïques en forme de poisson de l’époque mégalithique. Les vichap constituent également un thème ornemental des tapis arméniens.

 

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